.
Sa principale caractéristique est d’être composée à près de 80 % de plantations de
.
La superficie actuelle de la forêt de Soignes proprement dite, vestige d’une étendue qui a couvert une bonne partie du Brabant, est de 4383 hectares, que l’on peut étendre à environ 5000 hectares si l’on y inclut d’autres étendues boisées publiques contiguës qui en faisaient partie dans le passé. Parmi celles-ci, le Bois de la Cambre (Ter Kamerenbos, en neerlandais) qui s'enfonce au coeur de la ville, le bois des Capucins où est installé l’arboretum de Tervuren, le parc Tournay-Solvay, le Domaine Solvay de La Hulpe, le bois de Tervuren et le domaine du Rouge-Cloître (Rood-Klooster, en neerlandais).
(- 10 000 ans), la végétation évolue lentement avec la stabilisation du climat du type
vers le type forestier.
. Des traces archéologiques d’établissement humains, haches de pierre, pointes de flèches, grattoirs, percuteurs, ainsi que des vases sphériques à col évasé (Musées royaux d'art et d'histoire) datant de 3000 à 2200 ans avant J.-C. ont été découverts entre le
. À cette époque, la forêt s’étendait sur la plus grande partie de l'
occidentale. Des
(buttes de terre élevées au-dessus d’une tombe) sans doute construits durant le premier millénaire avant J.-C. sont visibles.
Au début de notre ère, la forêt de Mormal ne portait pas ce nom, mais était noyée dans l'immense Forêt hercynienne ou Hercynie que Pomponius Mela, premier géographe romain que l'Histoire ait retenu, décrit comme la forêt « la plus considérable » de Gaule, et « aussi la plus connue ». Il dit qu'elle « couvre un terrain de soixante jours de marche ». César et d'autres auteurs de l'antiquité cite aussi cette forêt comme la plus grande de Gaule.
Au début de l’ère chrétienne, la forêt est encore immense, mais commence à être significativement exploitée (bois, fruits et gibier). Son nom de Forêt Charbonnière (Carbonaria silva) employé au Haut Moyen Âge laisse penser qu'on y fabriquait aussi le Charbon de bois nécessaire aux forges. La forêt de Mormal, mentionnée aux XIIe et XIIIe siècles s'étendait encore loin vers le sud, le long de la Sambre (ce que ne pense pas Ch. Duviviers); Guichardin pensait qu'elle se prolongeait encore jusqu'au Quesnoy. De Dynter fait traverser cette forêt par Clodion, mais il la confond avec la Charbonnière telle qu'elle existait au Ve siècle. Vers l'An mil, la forêt de Soignes (dont l’étymologie serait liée au nom celtique Senne, « senna » ou « sunnia », eau calme), devient propriété de chasse des comtes de Louvain, qui deviendront Ducs de Brabant, et de leurs héritiers. Grâce a cela, comme quelques autres forêts royales, elle a en partie échappé au Défrichement. Plusieurs abbayes ou communautés monastiques, reçoivent l’autorisation de s’y installer. Au XVe siècle, De Dynter réduit la Forêt Charbonnière à la forêt de Mormal
Gestion et économie
Lors de la régionalisation de
1984, la superficie de la forêt et sa gestion ont été réparties entre les trois régions du pays : 56% sont gérés par la
Région flamande, 38% par la Région de Bruxelles-Capitale et 6% par la
Région wallonne, les 347 hectares du
Bois des Capucins étant gérés par la
Donation royale. Cette situation n’a pas été sans poser de nombreux problèmes quant à la cohérence des politiques des réglementations et de la signalisation.
La localisation de la forêt en bordure d’une grande ville en fait un endroit très fréquenté par les promeneurs, à pied, à cheval ou à bicyclettes et une aire de jeux pour les mouvements de jeunesse. Pour faciliter la coexistence entre les différents usagers de la forêt, Bruxelles Environnement a créé une plateforme indépendante. La Plateforme de la forêt de Soignes
[#] est un espace d’échange entre les acteurs de la Forêt et un relais entre les usagers et Bruxelles Environnement. La forêt est considérée comme le poumon vert de Bruxelles. Les 1657 ha gérés par Bruxelles Environnement – IBGE, représentent plus de 10 % de la surface totale de la Région bruxelloise et 60 % des espaces verts bruxellois ouverts au public. L’exploitation des ressources de la forêt reste cependant une activité importante. La tâche des gestionnaires est d'assurer les fonctions récréatives, tout en préservant l’équilibre écologique fragile de ce milieu sensible. Les ventes de bois annuelles sont gérées afin d'assurer la régénéressence des espèces et leurs produits est utilisé pour acquérir de nouveau espaces verts publics dans la région.
[image] Pour ces raisons, la chasse en forêt de Soignes a été suspendue en
1974 et interdite quelques années plus tard. La cueillette des plantes et champignons est également prohibée dans les parties flamandes et bruxelloises. Certaines parties sont fermées au public pour permettre leur régénération. Le balisage réserve certains chemins et sentiers à l’une ou l’autre catégorie de promeneurs, piétons, cavaliers ou cyclistes, et dans certaines zones on ne peut s'écarter des sentiers.
Sylviculture
[image] La hêtraie héritée du mode de gestion initié au
XVIIe siècle et poursuivi ensuite, est le résultat d’une vision de la forêt centrée exclusivement sur sa rentabilité. Cette monoculture de près de 80% de hêtres et 10% de chênes également présents, était destinée à fournir un bois de haute qualité. Les peuplements sont constamment éclaircis pour favoriser les arbres les plus intéressants commercialement. L’élagage naturel et la recherche de la lumière produisent des fûts hauts et droits. La hauteur maximale des hêtres et des chênes est atteinte au bout de 80 ans après quoi, le diamètre du tronc continue à augmenter. Les hêtres sont généralement abattus après avoir atteint les 200 ans, bien qu’ils puissent vivre plus vieux, la qualité du bois diminue ensuite et l’âge les rend plus vulnérables aux maladies et insectes
xylophages (
scolyte du hêtre). Ce type de culture qui produit sur chaque parcelle des futaies de même âge et essence, oblige à effectuer des « coupes à blanc » qui laissent le terrain à nu, les groupes de hêtres de haute taille ne permettant pas aux jeunes pousses d’apparaître.
[image] Aujourd’hui, les fonctions sociales et écologiques de la forêt ont pris de l’importance. La futaie irrégulière est privilégiée, elle consiste en un mélange d’arbres d’essences et de classes d’âge différentes, ce qui limite les changements radicaux du milieu au moment des abattages et a de multiples avantages du point de vue de la biodiversité. Ce type forestier, plus lumineux et varié, offre des niches écologiques à un plus grand nombre d’espèces animales et végétales et enrichi le sol par un humus de meilleure qualité. Il a aussi l’avantage d’opposer une plus grande résistance aux maladies et aux intempéries.
Des peuplements de résineux sont présents sur certaines parcelles aux sols sablonneux, pauvres en limon et minéraux qui ne conviennent pas aux feuillus.
Topographie et géologie
L’altitude de la forêt de Soignes varie de 65 mètres à 132 mètres. La couverture forestière permanente du terrain depuis la dernière glaciation a préservé les reliefs et les différentes couches géologiques superficielles de la région détruites ailleurs par l’agriculture et les autres activités humaines.
[image] Sur un socle rocheux qui date de l’
ère Primaire, se sont déposée au cours du Tertiaire (de – 55 à – 2 millions d’années) différentes couches sablonneuses aux propriétés et composition diverses en fonction des périodes où les mers recouvraient la région. La couche de l'
Yprésien riche en argile et donc imperméable a permis la constitution de nappes phréatiques dans les couches de sables moins profondes permettant aujourd’hui la captation d’eau potable en forêt. D’autres couches contiennent par endroit du grès calcaire qui a été utilisé par exemple pour la construction de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule(
Kathedraal van Sint-Michiel en Sint-Goedele, en neerlandais). Toutes ces couches sont riches en fossiles de plantes et d’animaux marins de climat tropicaux.
C'est au Quaternaire, durant la période des grandes glaciations que s’est formé le relief actuel du terrain. À chaque période de dégel superficiel, l’eau ne pouvant pas pénétrer dans le sol gelé en permanence, a, par son ruissellement, provoqué une profonde érosion, donnant au terrain ce relief fortement raviné qu’on lui connaît aujourd’hui, et par endroit en creusant jusqu’à la nappe aquifère à permis l’apparition de sources et de zones humides. C’est à la fin de cette époque que se sont formées les couches limoneuses, par endroit de plusieurs mètres d’épaisseur, constituées de particules fines apportées par le vent. Sous la couche superficielle, mélange de limon et d’humus, de trente à cinquante centimètres d’épaisseur, se trouve une couche très compacte appelée fragipan, typique des climats polaires, qui ne subsiste que là où le sol n’a pas été labouré. Cette couche empêche les hêtres de s’ancrer profondément dans le sol et rend ces géants très instables. À chaque tempête des dizaines d'arbres tombent comme des dominos (chablis) en révélant leur système racinaire très superficiel.
Les caractéristiques géologiques de la forêt de Soignes expliquent sa grande vulnérabilité aux dégâts causés par les eaux de ruissellements des routes et par la fréquentation excessive de promeneurs et cyclistes dont le passage compacte ou érode les sols.
Faune
[image] Les documents historiques décrivent une forêt giboyeuses au
Moyen Âge, sur une étendue quatre à cinq fois plus importante et avec une pression humaine bien moindre. De nombreuses espèces ont disparu au cours des siècles en raison des chasses et de la restriction de leur habitat. La liste est longue :
Aurochs, élan,
Daim,
Ours brun,
lynx ou
Chat sauvage ; les derniers de ce que l’on considère comme le « grand gibier »,
Sanglier,
cerf,
Chevreuil et
loup ont été exterminés avant la fin de la période française (
1815). La
Loutre, le
blaireau, la
Martre, et le
Lièvre ont disparu plus récemment.
Aujourd'hui, les seuls représentant des grands mammifères, sont les chevreuils, réintroduits après leurs complètes disparitions. Leur population reste limitée en raison des nombreuses contraintes et facteurs de stress spécifique à la forêt de Soignes, forte fréquentation des humains et de leurs chiens, territoire réduit et isolé au milieu d’un environnement fortement urbanisé, morcellement de la forêt traversée par des routes et chemins de fer infranchissables et, enfin, le manque de sous-bois et de broussailles où se réfugier du fait des hêtraies dominantes.
Depuis le début de l'année 2007, quelques sangliers ont été également aperçus dans la forêt, sans quel sache s'ils y ont été transporté par des hommes ou y ont migré par leurs propres moyens. [image] Les renards, eux aussi réapparus depuis quelques décennies contribuent à la limitation des lapins et s’enhardissent de plus en plus à visiter les jardins des quartiers limitrophes à la forêt.
Les petits mammifères sont représentés par les rongeurs, campagnols, mulots et rats et leurs prédateurs, belettes, hermines ou putois ainsi que par l’écureuil roux arboricole et depuis le dernier quart du XXe siècle, l'écureuil de Corée (Tamias sibiricus), introduit accidentellement et qui s’est fortement multiplié, entrant en compétition non pas avec son cousin indigène, dont il ne partage pas la même niche écologique, mais avec ceux des oiseaux qui nichent au sol.
La forêt de Soignes abrite également pas moins de 14 variétés de chauve-souris dont certaines font parties des espèces menacées.
L’avifaune est représentée par une centaine d’espèces, sédentaires ou migratrices, dont la population est malheureusement en diminution, principalement en ce qui concerne les passereaux comme les différentes variétés de mésanges, les pinsons, fauvettes ou Rouge-gorge. On rencontre également différentes sortes de petits rapaces, diurnes et nocturnes, des columbidés, des corneilles, pies et geais des chênes ainsi que, à proximité des étangs, différentes espèces aquatiques, canards, poules d’eau, foulques ou hérons cendrés.
Les écosystèmes fragiles des mares et étangs sont peuplés de poissons (dont la Bouvière, espèce protégée) et de batraciens menacés d’extinction en raison de la pollution et de l’apparition d’espèces prédatrices exotiques relâchées inconsidérément, comme certaines tortues, grenouilles et serpents, ou envahisseuses et destructrices de leur Biotope comme la carpe.
Les invertébrés n'ont pas été très étudiés. Il existe néanmoins des investigations scientifiques partielles, en particulier concernant les araignées et les coléoptères qui démontrent leur importance dans cette forêt-ci où on a calculé 38 espèces de coléoptères (Lucanus cervus, protegé ; Carabus auronitens var. putzeysi, Endémisme belge; etc.) et 137 espèces d'araignées (Philodromus praedatus, Endémisme belge ; Achaearanea simulans et Walckenaeria corniculans entre autres comme Atypus affinus découverte récemment). Par rapport aux lépidoptères, on a constaté une forte diminution de papillons – l'azuré commun (Polyommatus icarus), le machaon (Papilio machaon) , etc-due à la suppression de leurs biotopes, et on a pu observer 16 espèces différentes de fourmis et des espèces d'abeilles comme Apis mellifica parmi les hyménoptères.
La présence des espèces autochtones a été réduite par la présence d'espèces exotiques invasives, comme la chenille mineuse (Cameraria ohridella), un ravageur défoliateur. Il y a d'autres ravageurs comme les coléoptères xylophages de la famille des scolytes, et l'introduite coccinelle multicolore (Harmonia axyridis) .On trouve aussi des Collembola des diptères comme les Empidida, et dans d'autres groupes d'invertébrés, des crustacés comme les cladocères, des mollusques, des nématodes, etc.
Flore
[image] Les parcelles de hêtraie âgées ne permettent qu’à très peu de plantes de s’installer. Les futaies forment une voûte serrée qui ne laisse filtrer que peu de lumière, les feuilles mortes de hêtre forment une épaisse litière qui ne se décompose que très lentement et acidifie le sol, seules quelques plantes herbacées s’en accommodent. Sur les pentes érodées sablonneuses plantées de
Mélèze ou de
Pin sylvestre, les
fougères poussent en abondance. Partout où les groupements forestiers sont plus diversifiés, mélange d’essences, parmi lesquelles le
Chêne pédonculé, le
Frêne, l’érable sycomore, le
Merisier, le
Charme et le
Bouleau, on rencontre une
Flore plus riche. Y fleurissent entre autres, l’
anémone sylvestre, la
Ficaire fausse-renoncule, la
Jacinthe des bois, l’
Euphorbe des bois, le chèvrefeuille des bois,
Campanule gantelée ou, le long des sentiers, la
Balsamine des bois (l
Impatience), connue pour ses fruits qui, lorsqu'ils sont mûrs, explosent en projetant leurs graines dès qu'on les touche. [image] Les
zones humides et marécageuses offrent un grand intérêt botanique, certaines comme le vallon du Vuylbeek, menacé d’assèchement, ont été curées et les
peupliers qui y avaient été plantés ont été abattus ; devenu réserve naturelle, on y voit sous les
aulnes réapparaître de nombreuses espèces végétales qui attirent les insectes, dont les
libellules.
Les champignons sont représentés par plus de 1000 espèces. Malgré l’interdiction, la cueillette, ajoutée au piétinement et à la pollution, les rend susceptibles de disparition. Certaines zones clôturées leur offrent des refuges qui leur permettent de recoloniser le terrain.
Les multiples de variétés de lichens et les mousses sont des indicateurs précieux de l'évolution de la qualité de l'air et du sol.
Notes
Source principale
IBGE
Voir aussi
Pour en savoir plus